Ba Men Da Xuan
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    Manuel PDF du DaXuan QiGong

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    • Le ProfesseurL
      Le Professeur
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      Il y a dans toute pratique un moment que chacun de nous a connu. Le cours avance, les gestes s'enchaînent, l'enseignant passe entre les rangs, corrige un genou, redresse une nuque, pose une main sur un dos. On suit, on imite, on s'applique. Et puis, à un moment, une question traverse l'esprit, souvent sans être formulée : pourquoi fait-on cela ? Pourquoi ce poids au centre du pied plutôt que sur le talon, pourquoi cette insistance sur l'épaule qui ne doit pas monter, pourquoi ce souffle qu'il ne faut surtout pas retenir ? La question passe, le cours continue, et l'on remet à plus tard le moment de comprendre.

      Ce texte voudrait parler de ce moment-là, et de ce qu'il devient quand on prend enfin le temps de lui répondre. Car il existe une différence immense entre un élève qui reproduit des mouvements et un élève qui sait vers quoi ces mouvements le conduisent. Le premier peut pratiquer des années avec sérieux et ne jamais sortir de la forme. Le second, avec les mêmes gestes, découvre peu à peu que chaque détail a un sens, que chaque consigne répond à une autre, que tout ce qu'on lui a demandé depuis le premier jour dessine un chemin. La forme est la même ; ce qui change, c'est le regard qu'il porte sur elle, et ce regard transforme tout.

      Le Da Xuan Qi Gong est une méthode ancienne, profonde, et d'une grande cohérence. Son nom ancien le dit à lui seul : les Neuf Cercles des Huit Méthodes pour parvenir au Naturel. Neuf cercles, parce que la méthode se déploie en trois parties de trois pratiques. Huit méthodes, parce que chacune de ces pratiques possède huit niveaux de compréhension. Et un but, qui n'est ni la force, ni la santé, ni même la maîtrise, mais le Naturel, ce que la tradition taoïste appelle ziran, l'ainsi de soi-même. On peut pratiquer le Da Xuan sans rien savoir de tout cela, et en retirer déjà beaucoup. Mais on peut aussi le pratiquer en sachant, et c'est alors une autre pratique qui commence.

      L'école transmet un principe que chacun devrait garder en mémoire : les mouvements du Da Xuan Qi Gong ont été donnés pour comprendre la pratique, et la pratique a fait vivre les mouvements. Tout est dans cette phrase. Les mouvements ne sont pas une fin ; ils ont été donnés pour comprendre. Si l'on s'arrête aux mouvements, on reste au seuil de ce qu'ils voulaient ouvrir. Si l'on cherche à comprendre, les mouvements se mettent à parler. C'est précisément à cette compréhension qu'invitent les concepts du Da Xuan, et c'est pour la rendre accessible à chaque élève qu'un manuel entier leur a été consacré.

      Ce qui frappe d'abord, quand on entre dans les concepts du Da Xuan, c'est leur cohérence. Rien n'y est laissé au hasard. La méthode se construit comme une maison, et l'on comprend vite pourquoi elle commence par les fondations. La première partie, que l'école appelle Da Xi, la Grande Respiration, s'attache à former la base : une structure droite et détendue, une sensation éduquée, un corps uni. Elle cultive trois qualités simples en apparence, sentir, enraciner, unir, dont on découvre avec les années qu'elles contiennent presque tout. La deuxième partie, Da Shen, le Grand Esprit, apprend à échanger avec le monde : faire entrer ce qui vient de l'extérieur, se porter vers lui, puis laisser s'effacer la limite qui sépare le dedans du dehors. La troisième, Da Xuan, le Grand Secret, conduit vers la liberté : l'intention s'y relâche, la force s'y exprime puis se dépose, et le mouvement finit par naître de lui-même.

      Former, échanger, libérer. Il suffit de ces trois mots pour que tout s'éclaire. L'élève qui les connaît sait où il se trouve et où il va. Il comprend pourquoi on ne lui parle pas encore de rayonner vers l'univers alors qu'il cherche son équilibre sur ses deux pieds. Il comprend aussi que cette recherche d'équilibre n'est pas une étape ingrate à franchir au plus vite, mais le socle sur lequel reposera tout le reste. La tradition le dit dans une image que l'on n'oublie pas : un arbre ne déploie ses branches qu'à la mesure de ses racines. Le Da Xuan le dit à sa manière, quand il affirme que l'extension est l'expression de l'enracinement, aussi loin que possible.

      Cette cohérence ne tient pas seulement à l'ordre des parties. Elle tient à la manière dont chaque qualité s'appuie sur les autres. L'enracinement, dit l'école, vient de l'équilibre, et l'équilibre de la juste rencontre entre la détente et la force. La détente elle-même est définie comme la capacité d'écouter les changements et de ne pas être en retard sur eux. Chaque notion en appelle une autre, et l'ensemble forme un tissu serré où tirer un fil fait bouger toute la trame. C'est ce qui rend la connaissance des concepts si précieuse : elle permet de voir la trame, et plus seulement les fils.

      Il y a aussi dans le Da Xuan une profondeur qui dépasse de loin l'exercice physique. Derrière chaque pratique se tiennent les grandes notions de la pensée chinoise : le Yin et le Yang, le Ciel, la Terre et l'Homme, les cinq esprits qui habitent les organes, les trigrammes du Classique des Changements, le souffle originel que l'on reçoit à la naissance et qu'il faut apprendre à préserver. Sentir, par exemple, n'est pas seulement une sensibilité de la main : c'est une cartographie complète de la perception, qui descend de la peau vers l'origine et s'élargit de soi vers les autres et vers le monde. Enraciner n'est pas seulement une affaire de pieds : l'école en fait une manière de dissiper la peur, et y inclut la confiance envers le maître et la fidélité à la tradition. Unir n'est pas seulement une affaire de tendons : c'est, dit l'enseignement, dissoudre l'ego.

      Quand on découvre cela, la pratique change de couleur. Le geste le plus simple devient porteur d'un sens qui le dépasse. On ne se tient plus debout de la même manière quand on sait que cette posture est la recherche d'une place juste entre le Ciel et la Terre. On ne serre plus la main de la même manière quand on a compris l'image que transmet l'école : tenir un oiseau, fermement mais sans l'étouffer. On ne respire plus de la même manière quand on sait que le souffle de la première partie descend de la surface du corps vers sa racine la plus profonde. Les concepts ne remplacent pas le geste ; ils le remplissent.

      Et puis il y a ce but, ce Naturel vers lequel tout converge. Il faut prendre le temps de mesurer ce qu'il a d'inattendu. Une méthode aussi exigeante, aussi structurée, aussi riche en correspondances, n'a pas pour horizon la virtuosité, mais la simplicité retrouvée. L'échelle que l'école appelle le secret de la vraie pratique monte du débutant qui se prépare jusqu'au pratiquant, à l'officier, au ministre, au roi, et place au-dessus du roi, qui unit, le sage, qui oublie. Au sommet, il n'y a plus de niveau du tout : il y a le naturel. Comprendre cela, c'est comprendre que tout le travail n'a qu'un sens, celui de nous rendre à ce que nous aurions toujours dû être.

      Pourquoi, alors, chaque élève a-t-il besoin de connaître ces concepts ? On pourrait objecter que la pratique se suffit à elle-même, que le corps apprend mieux que la tête, et que trop de théorie risque d'encombrer l'esprit au lieu de le libérer. L'objection est sérieuse, et la tradition taoïste elle-même se méfie des mots. Mais elle confond deux choses : l'accumulation de savoirs, qui peut en effet alourdir, et la compréhension du sens, qui allège. L'école a une formule très juste pour cela : dans l'intention, trente parts de savoir pour soixante-dix de focalisation. Le savoir ne remplace pas la présence. Mais sans ces trente parts, les soixante-dix autres ne savent pas où se poser.

      La première raison est la plus simple : comprendre, c'est pratiquer mieux. Un élève qui sait pourquoi il doit poser son poids au centre de l'arche du pied ne le fait plus par obéissance, mais par conviction, et il s'en souvient seul, chez lui, quand l'enseignant n'est plus là pour le corriger. Un élève qui sait que la force doit venir du dos et non des épaules sent lui-même le moment où ses trapèzes se contractent, et apprend à les relâcher. La correction devient intérieure. Et c'est là que commence vraiment le travail interne : quand l'élève n'a plus besoin qu'on lui dise ce qui ne va pas, parce qu'il le sent.

      La deuxième raison touche à la sensation elle-même. Beaucoup d'élèves, sincères et appliqués, s'épuisent à vouloir sentir. Ils tendent l'attention vers leurs mains, retiennent leur souffle, attendent que quelque chose se produise, et rien ne vient, ou bien ils finissent par imaginer ce qu'ils espéraient sentir. Les concepts du Da Xuan les délivrent de ce piège. Ils leur apprennent que la perception se laisse venir plutôt qu'elle ne se cherche, que la sensation commence là où la chair est mince, dans les mains, avant de gagner tout le corps, et qu'il faut porter son attention au bout des ongles avant de la porter vers l'horizon, pour ne pas tomber dans les fantasmes. Ces indications, si simples, évitent des années d'errance.

      La troisième raison est la prévention des erreurs. Une pratique interne mal comprise peut s'égarer de manières très diverses. On peut confondre l'enracinement avec l'écrasement, et s'alourdir au lieu de s'enraciner. On peut confondre la force tendineuse avec la musculation, et se crisper au lieu de s'unir. On peut vouloir pousser l'énergie vers l'extérieur, et ne créer qu'une stagnation. On peut chercher à se dissoudre sans ancrage, et se désorienter. On peut enfin vouloir être spontané, et fabriquer de la spontanéité, ce qui est le contraire même de ce que l'on cherche. Chacune de ces erreurs est connue de la tradition, et le Da Xuan y répond par un principe clair. Celui qui connaît le principe reconnaît l'erreur avant qu'elle ne s'installe.

      La quatrième raison est peut-être la plus belle : les concepts rendent l'élève autonome sans le rendre solitaire. Autonome, parce qu'il peut pratiquer seul avec discernement, adapter sa séance à son état du jour, savoir qu'un soir de fatigue il vaut mieux commencer par ramener pour se revigorer, et qu'un matin de pleine forme il vaut mieux commencer par étendre, pour vider avant de remplir. Mais pas solitaire, parce que ces concepts sont ceux d'une école et d'une lignée. En les apprenant, l'élève entre dans une langue commune, celle que parlaient ceux qui l'ont précédé et que parleront ceux qui viendront après lui. Il comprend mieux son enseignant, et l'enseignant peut aller plus loin avec lui.

      Il y a encore une raison, plus discrète, qui tient au rythme même de la progression. Le Da Xuan est une voie longue. L'école parle de huit mois à un an pour qu'une évolution réelle de la structure se produise, de six à dix ans d'entraînement, et de huit années au moins avant d'aborder les niveaux les plus avancés. Sans carte, une telle durée peut décourager : on ne voit pas où l'on va, on doute d'avancer, on se lasse. Avec une carte, le même chemin devient passionnant. On reconnaît les étapes, on comprend pourquoi l'une précède l'autre, on mesure le chemin parcouru. Le rapport entre la forme et l'intention devient un repère vivant : neuf dixièmes de forme au début, autant de l'une que de l'autre quand on est confirmé, neuf dixièmes d'intention quand on est avancé. Chacun peut se situer, sans vanité et sans découragement.

      Enfin, les concepts ouvrent la pratique sur la vie tout entière. Le Da Xuan le veut expressément : sa structure est simple afin que ses qualités débordent dans le quotidien. Mais pour que la qualité déborde, encore faut-il la reconnaître. L'élève qui a compris ce qu'est l'enracinement le retrouve dans une discussion difficile, où il garde son centre au lieu de se laisser emporter. Celui qui a compris ce qu'est l'échange le retrouve dans sa manière d'écouter et de donner. Celui qui a compris le lâcher le retrouve dans les moments où il faut accepter ce qui ne dépend pas de lui. La salle de pratique devient alors une école de vie, et c'est bien ce que la tradition a toujours voulu qu'elle soit.

      C'est pour répondre à ce besoin qu'a été réalisé le Da Xuan Qi Gong Manuel. Il ne s'agit pas d'un recueil d'exercices, et c'est là sa première originalité. On n'y trouvera aucune description de mouvements, aucun enchaînement à reproduire, aucune photographie de posture. Ce choix est délibéré. Les gestes se transmettent de corps à corps, dans la salle, sous le regard de l'enseignant, et ils perdent l'essentiel dès qu'on les fige sur le papier. Ce que le manuel rassemble, c'est tout le reste : les principes qui donnent son sens au geste, les qualités qu'il cherche à éveiller, les correspondances qui le relient au souffle, aux organes et à l'esprit, les étapes par lesquelles on passe, et la logique qui fait de ces étapes une voie. Le pourquoi et le vers quoi, bien plus que le comment.

      Vous y trouverez d'abord un cadre. Avant d'entrer dans la méthode, le manuel prend le temps de poser les grandes notions de la pensée taoïste qui la sous-tendent : le Dao et le naturel, le non-agir, le Yin et le Yang, les Trois Puissances, les Trois Trésors de l'essence, du souffle et de l'esprit, les cinq esprits logés dans les organes, les méridiens et les champs de cinabre, l'histoire du Dao Yin depuis les manuscrits de l'Antiquité jusqu'au Qi Gong d'aujourd'hui. Ces pages ne sont pas une érudition gratuite ; elles donnent à l'élève les mots qui lui manquaient pour comprendre ce qu'il vit.

      Il y trouvera ensuite la méthode elle-même, partie par partie, pratique par pratique. Chaque qualité y est expliquée dans sa profondeur, avec ses degrés, ses correspondances, ses images, ses pièges. On y découvre pourquoi Sentir est la porte de tout le travail interne, pourquoi l'enracinement dissipe la peur, pourquoi l'union des tendons fluidifie les émotions, pourquoi il faut apprendre à ramener avant d'apprendre à émettre, pourquoi la dissolution doit toujours être suivie d'un retour, pourquoi la forme libre ne peut naître qu'après une structure tenue. Des chapitres entiers sont consacrés aux points de vigilance, ces erreurs que chacun commet un jour et qu'il vaut mieux savoir reconnaître tôt.

      Il y trouvera aussi tout ce qui traverse la méthode : les trois respirations qui accompagnent les trois parties, l'éducation de l'intention qui se relâche peu à peu en attention, la dimension thérapeutique de chaque pratique, la place des émotions, la manière d'accorder sa pratique aux saisons et aux âges de la vie, le rôle du maître et de la communauté, et les liens qui unissent le Da Xuan aux autres arts internes. Une partie de synthèse reprend les notions clés, met en regard les grands textes classiques et les maximes de l'école, et propose un parcours d'étude où chacun peut situer son propre chemin.

      Enfin, le manuel s'achève sur une perspective que beaucoup d'élèves ignorent : le Da Xuan que nous pratiquons n'est que la première de six variations. Les cinq autres reprennent la même architecture, fondations, échange et libération, mais l'orientent vers le soin, où l'on apprend à descendre au plus profond de soi puis à soigner par les mains ; vers l'utilisation, où l'on laisse la sensation traverser sans jamais s'arrêter en soi ; vers le lâcher-prise, où la marche en cercle apaise l'esprit et dénoue les blocages ; vers l'ouverture à l'univers, où l'on apprend à demander, à recevoir et à attendre le retour de l'écho ; et vers le mystère, qui ne se transmet que de personne à personne. Découvrir cette perspective change le regard que l'on porte sur la base. On comprend qu'elle n'est pas une étape à dépasser, mais le socle que toutes les variations ne cessent de solliciter. Plus on sait où mène le chemin, plus on prend soin de ses premiers pas.

      Comment se servir d'un tel livre ? Certainement pas en le lisant d'une traite pour tout savoir, puis en le rangeant. Il se lit plutôt comme on revient à un compagnon de route. On y cherche l'éclairage d'une consigne qui nous échappait, on y relit un chapitre après une séance où quelque chose s'est ouvert, on y retrouve le sens d'une image que l'enseignant a donnée en passant. Il est écrit dans une langue simple, sans jargon inutile, et chaque terme chinois y est expliqué. Il ne prétend pas remplacer l'enseignement vivant, et le dit clairement : il manquera toujours le moment juste où l'enseignant donne la clé. Mais il permet d'arriver à ce moment préparé, disponible, prêt à recevoir.

      On pourrait craindre qu'un tel ouvrage ne transforme la pratique en affaire de tête, et que l'élève, en connaissant trop bien la carte, oublie de marcher. Le manuel lui-même répond à cette crainte, et d'une manière qui dit bien l'esprit du Da Xuan. Il rappelle une parole du Zhuangzi : la nasse sert à prendre le poisson, et une fois le poisson pris, on oublie la nasse ; les mots servent à saisir le sens, et une fois le sens saisi, on oublie les mots. Les concepts sont une nasse. Ils ne sont pas le poisson. Mais sans nasse, le poisson file entre les doigts.

      Car il y a quelque chose de profondément taoïste dans cette manière d'apprendre. On commence par la forme, parce qu'il faut bien commencer quelque part. On cherche à la comprendre, parce que la compréhension la rend vivante. Puis, un jour, la compréhension elle-même devient si intime qu'on n'a plus besoin d'y penser : elle est passée dans le corps, dans le souffle, dans le regard. L'école dit qu'après avoir appris la forme, c'est la forme qui nous enseigne. On pourrait ajouter qu'après avoir appris les concepts, ce sont eux qui nous apprennent à regarder, jusqu'au jour où l'on regarde sans plus y penser.

      Chaque élève a donc tout à gagner à connaître les concepts du Da Xuan Qi Gong. Le débutant y trouvera le sens de ce qu'on lui demande et la patience de le faire bien. L'élève confirmé y trouvera les clés des qualités qu'il commence à sentir sans pouvoir les nommer, et le repère des erreurs qu'il ne voit plus. Le pratiquant avancé y trouvera la vue d'ensemble d'une voie dont il a parcouru une grande partie, et l'horizon des variations qui prolongent son chemin. Et celui qui enseigne, ou qui enseignera un jour, y trouvera une langue commune pour transmettre à son tour ce qu'il a reçu.

      Il y a enfin une raison plus simple, et peut-être plus forte que toutes les autres. Connaître les concepts du Da Xuan, c'est honorer ceux qui les ont transmis. Ces notions n'ont pas été inventées pour faire joli ; elles sont le fruit de générations de pratiquants qui ont cherché, se sont trompés, ont trouvé, et ont voulu que ceux qui viendraient après eux n'aient pas à tout redécouvrir seuls. Chaque image, tenir un oiseau, épaissir l'air, caler, le bois flottant sur la rivière, est un cadeau fait par quelqu'un qui avait compris. Les recevoir avec attention, c'est entrer dans cette chaîne de transmission, et accepter d'en devenir un jour un maillon.

      Alors, que chacun ouvre le manuel, non pour y chercher des recettes, mais pour y trouver le sens. Qu'il le garde près de lui, qu'il y revienne après les séances, qu'il en discute avec ses partenaires de pratique et avec son enseignant. Et surtout, qu'il retourne dans la salle, qu'il pose ses pieds au sol, qu'il sente le poids se répartir au centre de l'arche, que son genou suive la direction de l'orteil, que son bassin se relâche et que le sommet de son crâne s'élève. Le voyage de mille lieues commence sous les pieds, dit le vieux classique. Avec les concepts du Da Xuan en tête et dans le cœur, ce voyage devient une aventure que l'on sait où conduire, et dont chaque pas a déjà le goût du Naturel vers lequel elle mène.

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      • P
        Philippe
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        Merci Professeur!

        Disciple de l'école Da Xuan- Paris

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